Luminaire rotin
Le rotin est la tige d'un palmier grimpant, souple à cœur et rigide une fois séchée. Dans un luminaire, il sert soit de structure cintrée, soit de tressage tendu sur une armature. Dans les deux cas il ne diffuse pas la lumière : il la découpe, et ce découpage se lit sur les murs autant que sur l'objet.
Un tressage qui dessine plutôt qu'il ne diffuse
La canne de rotin est opaque. Ce qui passe, ce sont les vides du tressage. Un abat-jour en rotin projette donc un motif régulier d'ombres et de traits lumineux, dont la netteté dépend de la distance : posé bas au-dessus d'une table, le dessin est serré et contrasté ; accroché haut, il s'étale et s'adoucit jusqu'à devenir une simple modulation.
La fibre a par ailleurs sa propre couleur. Écrue, elle renvoie du jaune et rend la lumière plus chaude qu'elle n'est. Teintée en foncé, elle absorbe davantage : le rendement chute nettement, l'objet devient une silhouette et l'éclairage se limite aux ouvertures. C'est un paramètre à considérer avant tout, plus déterminant que la forme.
Cintrage, densité et vieillissement
Le rotin se cintre à la vapeur et se tresse à la main. Les modèles jouent sur deux registres : des arceaux espacés qui laissent l'essentiel du flux sortir, ou un maillage dense qui n'en libère qu'une fraction. Entre les deux, la différence d'éclairement réel dans une pièce est considérable, bien plus que ne le laisse deviner l'apparence de l'objet éteint.
La matière évolue. Exposée au jour, elle fonce et prend une teinte plus ambrée en quelques années. Elle supporte mal l'humidité prolongée, qui détend le tressage, et les chocs, qui cassent les brins en surface. Un dépoussiérage au pinceau souple suffit. Comme un abat-jour en tissu, il filtre la lumière au lieu de la réfléchir : le textile l'atténue dans une trame serrée, le rotin la découpe par ses vides.
Où il fonctionne, où il gêne
Le rotin demande de la surface pour que son motif s'exprime : un séjour, une chambre, une cage d'escalier, une véranda. Dans un couloir étroit ou une petite salle d'eau, le dessin se replie sur lui-même et l'humidité travaille contre la fibre. Au-dessus d'un plan de travail, il n'apporte pas le flux direct qu'on attend et vaut mieux comme éclairage d'appoint.
Il s'accorde aux murs clairs, sur lesquels les ombres se détachent, au lin, à la terre cuite et aux bois bruts. Sur un mur sombre, l'effet disparaît presque entièrement. Une seule pièce tressée par volume suffit généralement ; au-delà, les motifs se superposent. La sélection complète des luminaires en matières naturelles permet de comparer les teintes avant de trancher.
Variations de rotin
Structures cintrées
Suspension en rotin cintré pour salon
Les arceaux laissent sortir beaucoup de lumière et dessinent des lignes larges. C'est le registre le plus lumineux de la matière, et le plus compatible avec un mobilier contemporain.
Tressages denses
Abat-jour en rotin tressé serré pour chambre
Le flux descend peu et l'objet devient une source basse et enveloppante. Il faut alors compléter la pièce par un autre point lumineux, sous peine de manquer de lumière fonctionnelle.
Fibres apparentées
Luminaire en rotin et osier tressés
L'osier est plus fin et plus irrégulier ; associé au rotin, il donne un motif moins mécanique. Le mélange se remarque surtout allumé, quand les deux tressages projettent des ombres d'échelles différentes.
Tout revient donc à la densité du tressage et à la hauteur d'accroche : ces deux paramètres décident du dessin obtenu et de la quantité de lumière réellement disponible.